On ne saurait tolérer qu'un particulier touche de sa propre autorité aux formules dont le Concile de Trente s'est servi pour proposer à la foi le mystère eucharistique. C'est que ces formules, comme les autres que l'Église adopte pour l'énoncé des dogmes de foi, expriment des concepts qui ne sont pas liés à une certaine forme de culture, ni à une phase déterminée du progrès scientifique, ni à telle ou telle école théologique ; elles reprennent ce que l'esprit humain emprunte à la réalité par l'expérience universelle et nécessaire; et en même temps ces formules sont intelligibles pour les hommes de tous les temps et de tous les lieux.
Paul VI, encyclique Mysterium fidei, 3 septembre 1965.
Dans la vie des saints qui, partageant notre nature humaine, se sont pourtant transformés plus parfaitement à l'image du Christ (cf. 2 Co 3, 18), Dieu manifeste plus vivement aux hommes sa présence et son visage. Il nous parle à travers eux et nous offre un signe de son Royaume. On le voit en spécialement chez les saints qui, en raison de dons particuliers du Saint-Esprit, ont brillé non seulement par l'excellence de leur vie, mais encore par celle de leur doctrine. Cela ne doit pas être considéré seulement comme une science théologique, mais aussi comme une « science d'amour », qui vient de l'illumination de l'Esprit Saint par l'expérience des mystères de Dieu.

Lorsque la petite fille de Nazareth prononce son fiat en réponse au message de l'Ange et que le Verbe se fit chair dans son sein, elle devint non seulement la Mère de Dieu dans l'ordre physique de la nature, mais aussi dans l'ordre surnaturel de la grâce, elle devint la Mère de tous ceux qui, par l'Esprit Saint, deviendraient un, sous la primauté de son Fils. La Mère de la Tête serait la Mère des membres, et la Mère de la Vigne serait la Mère des branches.