28/11/2014

Clarté de l'Evangile

Si l’Évangile est encore voilé, c’est pour ceux qui se perdent qu’il reste voilé, pour ces incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence, afin qu’ils ne voient point briller la splendeur de l’Évangile, où reluit la gloire du Christ, qui est l’image de Dieu.

2e épître de saint Paul Corinthiens 4, 3-4.

26/11/2014

Euthanasie

L’idée même qu’un être humain puisse perdre sa valeur parce qu’il serait faible, malade ou vieux et, par là-même, dans une situation de perte d’autonomie, me paraît à vrai dire intolérable sur le plan éthique, à la limite des plus funestes doctrines des années trente. […] Que l’on s’oppose à l’acharnement thérapeutique me semble au plus haut point justifié. Reste qu’entre un prétendu geste humanitaire consistant à tuer, fût-ce par charité et un autre visant à entourer d’amour, on me permettra de choisir toujours le second. Affaire de morale, en effet.

Luc Ferry, Le Figaro, 26 novembre 2009.

24/11/2014

Benoît XVI et saint Augustin

Au début, au cours des deux premières années de philosophie, j’ai surtout été fasciné par la figure de saint Augustin, et puis aussi par le courant augustinien médiéval : saint Bonaventure et les grands franciscains, la figure de saint François d’Assise.

Ce qui me fascinait surtout c’était la grande humanité de saint Augustin, qui n’eut pas simplement la possibilité de s’identifier avec l’Église, étant catéchumène dès le départ, mais qui dut en revanche lutter spirituellement pour trouver peu à peu l’accès à la Parole de Dieu, à la vie avec Dieu, jusqu’au grand « oui » prononcé à son Église.

Ce chemin si humain, où nous pouvons voir aujourd’hui aussi comment on commence à entrer en contact avec Dieu, comment toutes les résistances de notre nature doivent être analysées attentivement et doivent être ensuite canalisées pour arriver au grand « oui » au Seigneur. Ainsi, j’ai été conquis par sa théologie très personnelle, présentée en particulier sous forme de prédication. Cela est important, car au début Augustin voulait vivre une vie purement contemplative, écrire d’autres livres de philosophie… mais le Seigneur ne l’a pas voulu, il l’a fait prêtre et évêque et tout le reste de sa vie, de son œuvre, s’est ainsi développé substantiellement dans un dialogue avec un peuple très simple. D’une part, il dut toujours trouver personnellement la signification de l’Écriture et, de l’autre, tenir compte de la capacité de ces personnes, de leur contexte de vie, et parvenir à un christianisme réaliste et en même temps profond.

Benoît XVI, Aux séminaristes du Grand séminaire romain, 17 février 2007.

22/11/2014

Adoubement dans la Chevalerie

L’Ordre de chevalerie anonyme [met les pièces d’équipement militaire] en relation directe avec l’adoubement dans une prétendue explication qu’Hugues de Tibériade aurait donnée à Saladin : le bain qui le précède symbolise le baptême ; le lit où se couche ensuite l’impétrant, le paradis ; ses draps blancs, la chasteté ; sa robe rouge, le sang qu’il lui faudra verser ; les bras noirs, le rappel de la mort ; la ceinture blanche, encore la chasteté ; les éperons, la vertu de la diligence (v. 1180-1188).

M. Aurell, Le chevalier lettré. Savoir et conduite de l’aristocratie aux XIIe et XIIIe siècles, Paris, Fayard, 2012, p. 298.

20/11/2014

Célibat sacerdotal

Les religions qui prescrivent le célibat à leurs prêtres savent bien ce qu’elles font. Il n’y a rien qui détruise tant le sceau sacerdotal qu’aimer une femme.

Victor Hugo, Les travailleurs de la mer, 3e partie, livre III, chap. II.

18/11/2014

Célibat des prêtres

Nous sommes forts parce que nous possédons cette vertu, et ceux qui attaquent le célibat ecclésiastique, auréole du sacerdoce chrétien, savent bien ce qu’ils font. Les sectes hérétiques l’ont aboli chez elles ; c’est le thermomètre de l’hérésie : à chaque degré d’erreur, il correspond un degré, si ce n’est de mépris, au moins de diminution de cette vertu céleste.

Lacordaire, à Notre-Dame de Paris.

16/11/2014

Liberté humaine

Nul ne se perd sans le savoir, et nul ne reste dans l’erreur sans le vouloir.

Notre Seigneur à sainte Thérèse, Les Fondations, chap. VIII.

14/11/2014

Fidélité à la foi

Fais, ô Seigneur que je reste toujours fidèle à ce que j’ai professé dans le symbole de ma régénération, lorsque j’ai été baptisé dans le Père, dans le Fils et dans l’Esprit Saint. Fais que je t’adore, notre Père, et en même temps que toi, que j’adore ton Fils ; fais que je mérite ton Esprit Saint, qui procède de toi à travers ton Fils unique... Amen

Saint Hilaire de Poitiers, De Trinitate 12, 57.

12/11/2014

Prière

Il est nécessaire de se rappeler de Dieu plus souvent que l’on respire.

Saint Grégoire de Nazianze, Oratio 27, 4:  PG 250, 78.

10/11/2014

Le notre Père

La différence de ces deux introductions à la prière [du notre Père, chez saint Matthieu et chez saint Luc] s’expliquer par la diversité de leurs destinataires. Le catéchisme de Matthieu s’adresse à des hommes sui, dès l’enfance, ont appris à prier, mais risquent de se laisser aller à la routine. Celui de Luc, au contraire, s’adresse à des gens qui ont tout à apprendre de la prière, et qu’il faut encourager. Aucun doute : Matthieu nous transmet un enseignement pour chrétiens d’origine juive, Luc une catéchèse pour païens convertis. Vers l’an 75 de notre ère par conséquent, le Notre Père est, aussi bien dans l’Église judéo-chrétienne que dans l’Église des gentils, élément obligé de la formation à la prière. Quelque différente que fût leur situation, l’une et l’autre Église étaient d’accord sur la nécessité pour un chrétien d’apprendre la prière du notre Père. / Comment donc expliquer la présence chez Matthieu et chez Luc de deux versions différentes ? Nous pouvons à présent répondre : les variantes ne sauraient en aucune manière être attribuées à la volonté propre des évangélistes – aucun auteur n’eût osé prendre sur lui de changer / quelque chose à la prière du Seigneur – ; elles s’expliquent par la diversité des situations concrètes (Sitz im Leben). Nous avons affaire aux textes de deux Églises : les évangélistes nous transmettent chacun le Notre Père dans le texte récité de son temps et dans son Église .

J. Jeremias, Paroles de Jésus. Le sermon sur la montagne. Le Notre Père, Paris, Les Éditions du Cerf, coll. Lectio divina 38, 1963, p. 58-5.