09.05.2008

9 mai : Marie au Calvaire

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Cantiques à la Vierge Marie (8)


Claudel en pensée a vu que la Vierge Sainte,

Poussée par un élan d’amour, de don de soi

Non démentis, ayant au Cœur la Croix étreinte,

Fut première au Calvaire, et son Roi y reçoit.


Se retournant vers son Fils qui n’en pouvait plus,

Qui par trois fois était tombé sur le chemin,

D’un geste majestueux, elle ouvrit bras et mains,

Dit aue retable de douleurs qu’est son Jésus :


« Maintenant ! Ici ! Nul besoin d’aller plus loin !

C’est maintenant ! Ici ! Ta mission s’achève.

À la face Du monde en ce lieu on t’élève.

Tu as sacrifié ta Vie plus que de besoin. »


Ce geste est le baiser dont la voici privée.

Elle assiste impuissante à ces préparatifs

De la mise à mort de ce singulier captif

Dont les derniers instants sont enfin arrivés.


À vrai dire, elle n’est pas du tout impuissante :

C’est la toute-puissance à jamais suppliante

Qui intercède avec son Fils à l’unisson

Pour que la Croix produise une riche moisson.


Aux fouets sans nom de la Flagellation

Et aux railleries du Couronnement d’épines

Succèdent les plaies de la Crucifixion

Et les moqueries des humains qui se mutinent.


Les bourreaux, eux, ne sont que des exécutants.

Ils ne sont pas là pour faire du sentiment,

Pour discuter si le fautif est innocent.

Quelqu’un dit : « Voyons si de la Croix il descend. »


C’est le jour de sa vie aigre-doux entre tous

Aux arrêts mêlés qu’elle accepte et ne repousse :

Les souffrances d’un Cœur qui est transverbéré

Et l’allégresse pour un peuple libéré.


08.05.2008

8 mai : Marie et l'Eucharistie

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Cantiques à la Vierge Marie (7)


Ô Mère, vous n’étiez pas présente au Cénacle

Le jour mémorable où votre Fils institua

Le sacrement gardé dans tous nos tabernacles,

Quand, prenant le pain et le vin, il les mua


Substance désormais de son Corps, de son Sang.

Vous n’étiez pas loin, et vous êtes devenue

Le sanctuaire premier d’un monde renaissant,

Premier de l’histoire et je vous dis : « Bienvenue ! »


Heureuse l’âme qui jouit de vos bonnes grâces ;

Florissante quand sur elle vous vous penchez.

Prospère est celle que vos bons soins désencrassent,

Et joyeuse parce que vous l'endimanchez.


Mère, quand je contemple une de vos images

Je frissonne de joie, parce que je vous vois,

Vous, ma mère, si belle et je vous rends hommage

Et de vos faveurs je me fais le porte-voix.


Fils étonnant, à la fois vrai Dieu et vrai homme

Vous êtes vraiment la Mère de tous les deux,

Mon action de grâces est un clair Te Deum.

Voilà un privilège autant doux que coûteux !

07.05.2008

7 mai : Marie et Jesus

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Cantiques à la Vierge Marie (6)

 

« Mon Fils, aurai-je soin de toi comme une mère ?

Ou dois-je t’adorer plutôt comme Seigneur ?

Tu connaîtras, je le sais, des heures amères ;

Me voici prête à en endurer les frayeurs.

 

Dois-je t’allaiter ou plutôt chanter ta gloire ?

T’apporterai-je du lait ou des aromates ?

Dois-je choisir la Croix plutôt que la mangeoire ?

Par Amour, je viens à toi, non en automate. »

 

Marie dépose son Jésus dans le berceau

Qu’est l’Église muée dans le vaste vaisseau

De la Rédemption du genre humain entier

Par le Nazaréen, le Fils du charpentier.

 

Vous vous montrez à nous dans la chapelle axiale

Habile préposée à la vie ecclésiale.

Vous jetez alentours un regard protecteur

Qui, vers le ciel, est pour nous le fil conducteur.

 

Vous êtes, de Jésus, le vivant reliquaire,

Donnant son sens à mon existence précaire.

Ne permettez pas que de Dieu je me sépare,

De son intimité je veux prendre ma part.

 

 

06.05.2008

6 mai : l'Annonciation

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Cantiques à la Vierge Marie (5)


Sache qu’Élisabeth, ta bien vieille cousine,

Vient de concevoir, quand on l’on appelait « stérile ».

C’est son sixième mois et déjà se dessine

Son enfant, car, vois-tu, pour Dieu tout est facile. »


Le message est bref, mais il suffit pour comprendre.

Pourquoi faudrait-il faire une seconde attendre

La réponse que veut l’univers en suspend,

Car je n’oublie pas que d’elle son sort dépend !


Le jour est venu de l’entendre s’exprimer :

La tête inclinée, les bras croisés sur son sein,

« Voici du Seigneur la servante, sublimée,

Qu’il soit fait selon ta parole et ton dessein. »


L’archange a recueilli ces mots comme un nectar

Et va les rapporter au Très-Haut sans retard.

Mais l’Esprit Saint déjà a accompli son œuvre

En Marie, devenue un céleste chef-d’œuvre.


La création est en jubilation.

Bien que restant cachée aux yeux des nations

Jusqu’au jour fixé pour sa révélation,

C'est une espèce de transfiguration.


Satan qui alentour rôdait n’a rien compris.

Il n’a pas remarqué deux oliviers fleuris

Ni que deux chandeliers se trouvaient allumés.

Sans qu'il en soit conscient, il a été plumé !


Sa cause par ce « oui » est à jamais perdue.

Il n’a pas vu venir le Sauveur attendu.

Il est beaucoup trop fier pour capter le mystère

Qui va bouleverser en profondeur la terre.

05.05.2008

5 mai : la reponse de Marie

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Cantiques à la Vierge Marie (4)


L’armée des justes de la primitive Alliance,

Regroupés auprès du Sein d’Abraham, leur père,

Voient pointer enfin le jour de leur délivrance,

Ils retiennent tous leur souffle, car ils espèrent.


« Hâtez-vous ! Voyez que notre attente est trop dure

À porter, disent-ils à la Vierge Marie.

À vos décisions, chaque âme se confie.

Vous ratifierez le choix, nous en sommes sûrs. »


« Tu es la gloire de Jérusalem » la sainte,

« La joie d’Israël et l’honneur de notre peuple ».

« Et grâce à l’Esprit, tu vas devenir enceinte

Pour que le ciel par nous déserté se repeuple. »


Toutes les hiérarchies célestes au grand complet

Sont concentrées sur le lieu de Promission,

Où la vierge a reçu l'unique mission.

Donc qu’elle dise : « En ta Volonté, je me plais. »


Mais Gabriel reprend la parole : « L’Esprit

Viendra sur toi et son ombre te couvrira

Et du Fils de Dieu tu deviendras le pourpris.

Dieu est Saint, en tant qu’homme aussi il le sera.

04.05.2008

4 mai : encore Marie

517041540.jpgCantique à la Vierge Marie (3)


Les pommettes de ses deux joues rosissent à peine,

Surprise de savoir qu’on la proclame reine.

Tout lui apparaît sous un jour si naturel

Qu’elle entend le message, et voit ce qu’il recèle.


Immaculée dans sa conception, ornée

D’une sainteté hors pair, elle est qualifiée

Pour aimer le vouloir divin, se prosterner

Et accepter de mettre au monde un crucifié.


La Vierge se surprend, mais ne s’emballe pas :

Elle se tasse en se faisant toute petite,

Dans la dilection de Dieu elle s’abrite

Pour s’assurer que c’est bien un divin appât.


L’univers, même le temps, suspendent leur vol.

Partout, chacun retient sa respiration

En voyant s’accomplir cette aspiration

Des pécheurs, désireux de prendre leur envol.


L’espoir du monde se concentre à Nazareth,

Il dépend d’un mot, d’un seul, que doit prononcer

Myriam, et aussi de ce qu’elle veuille admettre

La vérité de ce qui lui est annoncé.

03.05.2008

3 mai : Cantique à Marie

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Cantique à la Vierge Marie (2)

 

C’est mystère pour moi qui ai toujours voulu

Accomplir en tout ta très sainte Volonté,

Mais je vois bien que tu me choisis par Bonté

Et que tu as jeté sur moi ton dévolu. »

 

L'annonce la surprend, car de devenir mère,

Nul n’avait évoqué ce sujet jusque-là.

Marie voulait vivre en restant dans le sillage

De son Dieu, disparaître, effacée, et se taire.

 

L’Esprit Saint a vu sa haute pureté

Et a préparé des épousailles mystiques.

Il savait que son Fils aurait pour sûreté

Un tabernacle alors déjà eucharistique.

 

Or, la voici tout de go qualifiée de Mère

De ce Messie dont la venue serait prochaine.

C’est l’Amour de Dieu pour ses fils qui se déchaîne

Apportant un terme à un état éphémère.

 

L’humanité était privée d’éternité.

La jeune fille va en son sein abriter

Notre Sauveur grâce à l’action du Paraclet

Corroborée dans les vertus qu’elle exhalait.

02.05.2008

2 mai: mois de Marie

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LA VIERGE MARIE

1 —


De toute éternité Dieu vous choisit pour être

Vrai paradis terrestre au tout nouvel Adam,

De celui par qui nous, les humains, recevons l’être,

Et qui du contingent gagnons le transcendant.


L’archange Gabriel, dans un flot de lumière,

Vient rencontrer la vierge, abîmée en prière,

Au lieudit Nazareth. Elle est dans sa chaumière.

Il lui annonce que sa lignée est princière.


Gabriel dit : « Voici que tu enfanteras. »

Aussitôt Marie a en mémoire l’oracle :

Du prophète Isaïe : « La vierge concevra

Un fils », dit l’Emmanuel. Elle croit au miracle.


Puis l’archange dit : « Il sera Fils du Très-Haut.

Il succédera au grand roi David, son Père,

Son règne s’étendra à la lignée entière

De Jacob, mais il ne fera pas de vieux os. »


Cette vierge, c’est elle, ô suprême évidence !

Elle l’est restée, et ce n’est pas qu’apparence.

Mais sa surprise va cependant s’exprimer

À haute voix, dans un dialogue avec l’Aimé :


« Comment cela peut-il être ? Je ne connais

Point d’homme ! J’épouse, il est vrai, Joseph sous peu

Mais que nous nous soyons engagés tous les deux

À rester chastes à tout jamais, tu le sais.

01.05.2008

1 mai : l'Ascension

Si nous savons contempler le mystère du Christ, si nous nous efforçons de le voir avec des yeux limpides, nous nous rendrons compte que, même maintenant, il nous est possible d’entrer dans l’intimité de Jésus, corps et âme. Le Christ nous a clairement montré le chemin 1747102931.jpg: le Pain et la Parole; nous nourrir de l’Eucharistie, connaître et accomplir ce qu’Il est venu nous apprendre, et en même temps parler avec Lui dans la prière. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui (Jean 6, 57). Celui qui a mes commandements et les garde, voilà celui qui m’aime, et celui qui m’aime sera aimé de mon Père et je l’aimerai et je me manifesterai à lui (Jean 14, 21).


Saint Josémaria, « L'Ascension du Seigneur au ciel », Quand le Christ passe, n° 118.

30.04.2008

30 avril : se refugier dans le Christ

1618628407.jpg        Que votre asile soit toujours le Christ crucifié, mon Fils unique ; habitez et cachez-vous dans la caverne de son côté ouvert où vous goûterez, par amour, dans sa nature humaine ma nature divine. Dans ce Côté ouvert, vous trouverez ma charité et celle de votre prochain, puisque c'est pour mon honneur à moi, Père Éternel, et pour accomplir l'obédience que je lui avais imposé pour votre salut qu'il courut à l'ignominieuse mort de la Croix.

Sainte Catherine de Sienne, Le Livre des Dialogues, chap. 124.