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Livre - Page 8

  • Que disent les évangiles apocryphes ?

    Les évangiles apocryphes, qui ont proliféré dans l’Église au IIème siècle et par la suite, se ramènent fondamentalement à trois groupes : ceux dont nous ne conservons que quelques fragments écrits sur du papyrus et qui ressemblent assez aux Évangiles canoniques, ceux que nous conservons intégralement et qui font un récit pieux de choses sur Jésus et la très sainte Vierge, et ceux qui mettent sous le nom d’un apôtre des doctrines étranges distinctes de ce que l’Église croyait parla véritable tradition apostolique.
    Les premiers sont peu nombreux et ne disent pratiquement rien de nouveau, peut-être parce que en nous connaissons mal le contenu. Les fragments de l’« évangile de Pierre », qui raconte la Passion, en font partie.
    Le plus ancien du second groupe est le « protévangile de Jacques », qui raconte la présence de la très Sainte Vierge dans le Temple alors qu’elle avait trois ans et comment saint Joseph, qui était veuf, fut désigné pour prendre soin d’elle quand elle eut atteint l’âge de douze ans. Les prêtres du Temple réunirent tous les veufs et un prodige su bâton de Joseph dont surgit une colombe fit qu’il fut désigné. D’autres apocryphes plus tardifs qui rapportent la même histoire, comme le « pseudo Matthieu », racontent que le bâton fleurit miraculeusement. Le « protévangile » narre aussi la naissance de Jésus quand saint Joseph se rendait avec Marie à Bethléem. Il dit que le saint patriarche a cherché une sage-femme, qui a constaté la virginité de Marie dans l’accouchement. D’autres apocryphes de la même veine, comme « la nativité de Marie », racontent la naissance de la Sainte Vierge de Joachim et d’Anne alors qu’ils étaient déjà âgés. L’enfance de Jésus et les miracles qu’il faisait étant enfant sont racontés par le « pseudo Thomas », et la mort de Joseph est le thème principal de l’« Histoire de Joseph le charpentier ». Plus tardifs, les apocryphes arabes de l’enfance s’occupent des trois mages dont un apocryphe éthiopien donne les noms qui sont devenus si populaires. Un thème très apprécié des apocryphes, comme dans le « livre du repos » ou le « pseudo Méliton », est la mort et l’Assomption de la très Sainte Vierge, dont ils disent qu’elle est morte entourée des apôtres et que le Seigneur a transporté son corps sur un char céleste. Toutes ces légendes pieuses ont circulé abondamment au Moyen Âge et ont inspiré de nombreux artistes.
    Un autre genre d’apocryphes est celui qui propose des doctrines hérétiques. Les saints Pères les mentionnent pour les réfuter et les désignent souvent du nom de l’hérétique qui les a composés, comme celui de Marcion, de Basilide ou de Valentin, ou du nom de leurs destinataires, comme celui des Hébreux ou des Égyptiens. D’autres fois, les mêmes Pères accusent ces hérétiques de mettre leur doctrine sous le nom d’un apôtre, de préférence Jacques ou Thomas. Les informations des Pères ont été confirmées avec la découverte en 1945 d’œuvres gnostiques à Nag Hammadi, en Égypte (voir le message du 29 juin). Ils présentent d’ordinaire des révélations secrètes prétendues de Jésus qui sont dépourvues de garantie. Ils imaginent le Dieu créateur comme un dieu inférieur et pervers (le Démiurge) et que l’homme obtient le salut à partir de la connaissance de sa provenance divine.

    Gonzalo Aranda, professeur de la faculté de Théologie de l’Université de Navarre
    Original sur le site opusdei.es
    Traduit par mes soins

  • Comment les Évangiles ont-ils été écrits ?


    L’Église affirme sans hésiter que les quatre Évangiles canoniques « transmettent fidèlement ce que Jésus, le Fils de Dieu, vivant parmi les hommes, a fait et enseigné » (concile Vatican II, constitution dogmatique Dei Verbum, « la parole de Dieu », n° 19). Ces quatre Évangiles « ont une origine apostolique. Ce que les apôtres, en effet, sur l’ordre du Christ, ont prêché, par la suite eux-mêmes et des hommes de leur entourage nous l’ont, sous l’inspiration divine de l’Esprit, transmis dans des écrits » (Ibid.). Les écrivains chrétiens de l’Antiquité ont expliqué comment les évangélistes ont réalisé ce travail. Saint Irénée, par exemple, dit que « Matthieu a publié parmi les Hébreux dans leur propre langue une forme écrite d’Évangile, tandis que Pierre et Paul à Rome annonçaient l’Évangile et fondaient l’Église. C’est après leur départ que Marc, le disciple et l’interprète de Pierre, nous a transmis aussi par écrit ce que Pierre avait prêché. Luc, compagnon de Paul, a consigné aussi dans un livre ce que ce dernier avait prêché. Ensuite Jean, le disciple du Seigneur, celui qui avait reposé sur sa poitrine (Jean 13, 23), a publié aussi l’Évangile tandis qu’il habitait Éphèse » (Contre les hérétiques III, 1, 1). Des commentaires très semblables se trouvent chez Papias de Hiérapolis ou Clément d’Alexandrie (voir Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique 3, 39, 15 ; 6, 14, 5-7) : les Évangiles ont été écrits par les apôtres (Matthieu et Jean) ou par des disciples des apôtres (Marc et Luc), mais toujours en recueillant la prédication de l’Évangile par les apôtres.
    L’exégèse moderne, après une étude très attentive des textes évangéliques, a expliqué en détail ce processus de composition. Le Seigneur Jésus n’a pas envoyé ses disciples écrire mais prêcher l’Évangile. C’est ce que les apôtres et la communauté apostolique ont fait et, pour faciliter la tâche d’évangélisation, ils ont mis par écrit une partie de cet enseignement. Enfin, au moment où les apôtres et ceux de leur génération étaient en train de disparaître, « les auteurs sacrés composèrent les quatre Évangiles, choisissant certains des nombreux éléments transmis soit oralement soit déjà par écrit, rédigeant un résumé des autres, ou les expliquant en fonction de la situation des Églises » (Dei Verbum, n° 19).
    Par conséquent, on peut en conclure que les quatre Évangiles sont fidèles à la prédication des apôtres sur Jésus et que la prédication des apôtres sur Jésus est fidèle à ce que Jésus a fait et dit. Par là nous pouvons dire que les Évangiles sont fidèles à Jésus. De fait, les noms que les auteurs anciens donnent à ces textes — « Souvenirs des apôtres », « Commentaires, Paroles sur (du) le Seigneur » (voir saint Justin, Apologie 1, 66) ; Dialogue avec Triphon 100) — vont dans ce sens. Avec les écrits évangéliques, nous avons accès à ce que les apôtres prêchaient au sujet de Jésus.

    Vicente Balaguer, professeur à la Faculté de théologie de l’Université de Navarre
    Disponible sur le site www.opusdei.es
    Traduit par mes soins

  • Évangiles canoniques et évangiles apocryphes

    Les Évangiles canoniques sont ceux que l’Église a reconnus comme transmettant de façon authentique la tradition apostolique et comme étant inspirés par Dieu. Ils sont au nombre de quatre et de quatre seulement : Matthieu, Marc, Luc et Jean. C’est ce que propose expressément saint Irénée de Lyon, à la fin du IIème siècle (Adversus hæreses 3, 11, 8-9) et ce que l’Église a maintenu constamment, le proposant finalement comme dogme de foi quand elle a défini le canon des Saintes Écritures au concile de trente (1545-1563).
    La composition de ces Évangiles s’enracine dans ce que les apôtres ont vu et entendu lorsqu’ils étaient avec Jésus et dans les apparitions qu’ils ont eues avec lui après sa Résurrection d’entre les morts. Les apôtres eux-mêmes, en accomplissement du commandement du Seigneur, prêchèrent aussitôt la bonne nouvelle (ou Évangile) à son sujet et au sujet du salut qu’il apporte à tous les hommes. Des communautés de chrétiens se constituèrent en Palestine et au-dehors (Antioche, villes d’Asie mineure, Rome, etc.). Dans ces communautés, les traditions prirent la forme de récits ou d’enseignements au sujet de Jésus, toujours sous la vigilance des apôtres qui en avaient été témoins. Dans un troisième temps, ces traditions furent mises par écrit et insérées dans un récit ayant la forme de biographie du Seigneur. C’est ainsi qu’apparurent les Évangiles à l’usage des communautés auxquelles ils étaient destinés. Le premier à paraître fut celui de Marc ou peut-être une édition de Matthieu en hébreu ou en araméen plus court que l’actuel ; les trois autres ont imité ce genre littéraire. Pour ce travail, chaque évangéliste a choisi un certain nombre des nombreux éléments qui se transmettaient, en a résumé d’autres et a présenté le tout compte tenu de la condition de ses lecteurs immédiats. Que les quatre aient joui de la garantie apostolique se reflète dans le fait qu’ils ont été reçus et transmis comme écrits par les apôtres eux-mêmes ou par leurs disciples directs : Marc disciple de Paul et Luc disciple de Pierre.
    Les évangiles apocryphes sont ceux que l’Église n’a pas acceptés comme ayant une tradition apostolique authentique, même s’ils se présentaient d’ordinaire sous le nom d’un apôtre. Ils ont commencé à circuler très tôt, car ils sont cités dès la deuxième moitié du IIème siècle ; mais ils ne jouissaient pas de la garantie apostolique contrairement aux quatre Évangiles reconnus et, en outre, nombre d’entre eux contenaient des doctrines en désaccord avec l’enseignement apostolique. « Apocryphe » signifie d’abord « secret », en tant qu’il s’agit d’écrits adressés à un groupe spécial d’initiés et qui étaient conservés dans ce groupe. Le terme a signifié par la suite inauthentique et même hérétique. Le nombre de ces apocryphes a beaucoup augmenté au fil du temps, aussi bien pour décrire des détails la vie de Jésus que les Évangiles canoniques ne donnaient pas (par exemple les apocryphes de l’enfance de Jésus), que pour mettre sous le nom d’un apôtre des enseignements qui se séparaient de l’enseignement commun de l’Église (par exemple évangile de Thomas). Origène d’Alexandrie († 245) écrivait : « L’Église a quatre Évangiles, les hérétiques, beaucoup. »
    Le nombre des évangiles apocryphes connus par les informations des saints Pères, conservés par la piété chrétienne ou attestés par des papyrus, dépasse la cinquantaine.

    Gonzalo Aranda, professeur de la faculté de Théologie de l’Université de Navarre
    Original sur le site opusdei.es
    Traduit par mes soins

  • La transmission des Évangiles

    Il est bien connu que nous ne possédons aucun manuscrit des Évangiles, tout comme il n’en existe aucun des livres de l’Antiquité. Les écrits se transmettaient par des copies manuscrites sur papyrus et plus tard sur parchemin. Les Évangiles et les premiers écrits chrétiens suivent ce type de transmission. Le nouveau Testament laisse déjà entendre que certaines lettres de saint Paul avaient été copiées et transmises dans un corps d’écrits (2 Pierre 3, 15-16), et il en va de même avec les Évangiles : les expressions de saint Justin, saint Irénée, Origène, etc. citées dans « Qui furent les évangélistes ? » (note mise sur ce blog le 3 juillet) laissent entendre que les Évangiles canoniques ont été aussitôt copiés et transmis ensemble.
    Le matériau utilisé dans les premiers siècles de l’ère chrétienne a été le papyrus. On commence à partir du IIIème siècle à utiliser le parchemin, plus résistant et plus durable, puis le papier à compter du XIVème siècle. Les manuscrits des Évangiles que nous conservons, après une étude attentive de ce que l’on appelle la critique textuelle, montrent que, comparé à la plupart des ouvrages de l’Antiquité, la fiabilité que nous pouvons accorder au texte dont nous disposons est très grande. En premier lieu du fait de la quantité de manuscrits. Nous possédons, par exemple, moins de 700 manuscrits de L’Illiade, mais d’autres ouvrages, comme Les Annales de Tacite, nous n’avons que quelques manuscrits et un seul de ses six premiers livres. En revanche, du Nouveau Testament, nous avons près de 5 4000 manuscrits grecs, sans compter les versions anciennes dans d’autres langues et les citations du texte dans les ouvrages des auteurs anciens. En outre, il faut tenir compte du temps qui sépare la date de composition du livre de celle du manuscrit le plus ancien. Alors que pour de très nombreuses œuvres classiques de l’Antiquité il s’agit de près de dix siècles, le manuscrit le plus ancien du Nouveau Testament (le papyrus de Rylands) est de trente ou quarante ans postérieur au moment de la composition de l'Évangile de saint Jean ; nous avons des papyrus du IIIème siècle (papyrus de Bodmer et de Chester Beatly) qui montrent que les Évangiles canoniques déjà collectionnés se transmettaient en codex ; à partir du IVème siècle, les témoignages sont presque interminables.
    Si nous comparons les manuscrits, nous trouvons bien évidemment des erreurs, de mauvaises lectures, etc. La critique textuelle des Évangiles et des manuscrits anciens examine les variantes qui sont significatives, cherchant à découvrir leur origine, parfois un copiste qui essaye d’harmoniser le texte d’un Évangile avec celui d’un autre Évangile, ou un autre qui cherche à expliquer une expression qui lui semble incohérente, etc., pour établir de cette façon le texte original. Les spécialistes sont d’accord pour affirmer que les Évangiles sont les textes de l’Antiquité que nous connaissons le mieux. Ils se fondent pour cela sur l’évidence de ce qui a été dit au paragraphe précédent ainsi que sur le fait que la communauté qui transmet les textes est une communauté critique, des personnes qui impliquent leur vie dans ce qui est affirmé dans les textes et qui, manifestement, ne l’engageraient pas pour des idées créées pour l’occasion.

    Vicente Balaguer, professeur à la Faculté de théologie de l’Université de Navarre
    Disponible sur le site www.opusdei.es
    Traduit par mes soins

  • 18 octobre : saint Luc

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    Saint Luc est l’auteur du troisième Évangile, comme l’attestent de nombreux témoignages des Pères de l’Église, sans compter les manuscrits eux-mêmes : le papyrus Bodmer XIV (P66), daté de 175-225 a pour titre Euangelion katá Loukan, « Évangile selon Luc », et contient Luc 1,1 à 14, 26. Saint Irénée écrit dans son Adversus hæreses, « Contre les hérétiques », que « Luc, le compagnon de Paul, a consigné en un livre l’évangile prêché par celui-ci ».
    Le nom de Luc apparaît à trois reprises dans le Nouveau Testament, et il s’agit toujours d’un collaborateur de Paul. « Tu as les salutations […] de Marc, Aristarque, Démas et Luc, mes collaborateurs » (épître à Philémon 24). « Seul Luc est avec moi » (2 Timothée 4, 11). Le dernier texte précise que Luc est médecin : « Vous avez les salutations de Luc, le cher médecin » (Colossiens 4, 14).
    Luc n’a pas été le témoin oculaire des faits qu’il rapporte, comme il ledit lui-même en introduction à son Évangile : « Puisque beaucoup ont entrepris décomposer un récit des événements quichenotte accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la parole, j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi l’exposé suivi, illustre Théophile, afin que tu te rendes compte de la solidité des enseignements que tu as reçus » (1, 1-4).
    medium_StLuc.jpgIl n’est pas d’origine palestinienne ; il est cultivé ; le langage qu’il utilise et la doctrine qu’il expose sont proches du corps doctrinal paulinien (de saint Paul) ; il connaît bien la communauté chrétienne d’Antioche. Il est probablement né dans cette ville et fait partie des chrétiens de la deuxième génération.
    Il est également l’auteur des Actes des apôtres, qui reprennent la narration des faits là où son Évangile s’était arrêté, c’est-à-dire au moment de l’Ascension de Jésus au ciel. Il y raconte la naissance de l’Église,avec la venue du Saint-Esprit le jour de la pentecôte, son implantation et sa propagation. Il ne s’agit toutefois pas d’une simple chronique des événements : Luc montre que la mission du christ se poursuit avec les apôtres sous l’impulsion du Saint-Esprit. Celui-ci est tellement présent que les actes ont été qualifiés d’Évangile du Saint-Esprit. Le livre se compose de quatre grandes parties : la communauté primitive de Jérusalem (chap. 1-7), la dispersion des chrétiens à la suite des persécutions (chap. 8-12), l’entreprise missionnaire de saint Paul (chap. 13-20), la captivité de Paul à Jérusalem et à Rome (chap. 21-28).
    On peut penser que saint Luc a achevé d’écrire son Évangile au début de l’année 63 et qu’il a terminé les Actes à la fin de cette même année63.