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  • Amour de Dieu

     

    Je vous aime, ô mon Dieu, et mon seul désir est de vous aimer jusqu’au dernier soupir de ma vie.

    Je vous aime, ô Dieu infiniment aimable, et j’aime mieux mourir en vous aimant que de vivre un seul instant sans vous aimer.

    Je vous aime, ô mon Dieu, et je ne désire le ciel que pour avoir le bonheur de vous aimer parfaitement.

    Je vous aime, ô mon Dieu, et je n’appréhende l’enfer que parce qu’on n’y aura jamais la douce consolation de vous aimer.

    Ô mon Dieu, si ma langue ne peut dire à tout moment que je vous aime, du moins je veux que mon cœur vous le répète autant de fois que je respire. Ah ! faites-moi la grâce de souffrir en vous aimant, de vous aimer en souffrant et d’expirer un jour en vous aimant et en sentant que je vous aime. Et plus j’approche de ma fin, plus je vous conjure d’accroître mon amour et de le perfectionner. Ainsi soit-il.

    Saint Curé d’Ars.

  • Le péché véniel

     

    Tu dis : C’est un péché, d’accord, mais ce n’en est qu’un petit. Nous ne disons pas non plus que c’est un péché mortel ; pourtant, si l’on s’y adonne trop fréquemment et si l’on ne le rachète pas par des jeûnes et des aumônes, il rend l’âme extrêmement impure. Ne néglige pas tes péchés parce qu’ils  sont petits, mais crains, parce qu’ils sont nombreux. En effet, les gouttes de pluie aussi sont menues, mais elles emplissent des fleuves, emportent des digues, et arrachent des arbres avec leurs racines. Toi qui dis que ton péché est petit, je voudrais savoir si, chaque fois que tu commets un tel péché, tu voudrais avoir autant de petites plaies sur ton corps et autant de taches et de déchirures à tes vêtements ? Lors donc que tu ne consens ni à avoir des plaies sur ton corps ni à avoir des déchirures ou des taches sur ton vêtement, quelle conscience as-tu pour ne pas craindre l’équivalent dans ton âme ? Eh bien, agir ainsi, c’est aimer son vêtement et sa chair plus que son âme.

    Saint Césaire d’Arles, Sermons au peuple 44, 6.

  • Mortification dans la boisson

     

    Je vous le demande, très chers frères : prêtez toute votre attention et voyez : lorsqu’on conduit des chevaux ou tout autre animal à l’abreuvoir, une fois leur soif apaisée, même si on les retient plus longtemps au-dessus de l’eau, ils ne veulent ni ne peuvent aucunement boire au-delà de leur soif. Que les ivrognes considèrent s’ils ne méritent pas d’être jugés pires que des animaux, car, alors que les animaux  ne voudraient pas boire  plus que nécessaire, ceux-ci acceptent de boire deux et trois fois plus qu’il ne leur en faut ; et là où ils auraient pu avoir de quoi se restaurer convenablement pendant trois ou quatre jours, ils s’efforcent de tout dissiper en un jour, pour leur plus grand péché, plutôt que de le donner.

    Saint Césaire d’Arles, Sermons au peuple 46, 4.